10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 12:54

 

 

Ibn Arabî et Averroès[1]

Omar BENAISSA

La lecture du chapitre 167 des Futûḥât al-Makkiya, d’Ibn Arabî, m’a encouragé à partager avec les lecteurs quelques remarques au sujet de la relation brève et énigmatique que nous donne Ibn Arabî de sa rencontre avec le philosophe cordouan, Averroès (Ibn Roshd, 1126/1198). Ces remarques reprennent, en les ordonnant, quelques idées qui m’avaient été inspirées par la lecture, dès sa parution en 1998, de la traduction française effectuée par Alain de Libera, d’un ouvrage d’Ibn Rochd qui a disparu dans sa version originelle en Arabe mais qui a survécu dans sa traduction latine.

Il s’agit du Grand Commentaire du Livre III du Traité de l’âme (GC[2]) d’Aristote, dans lequel j’ai trouvé un éclairage à une obscurité frappante d’un passage jusqu’ici non explicité, du  récit de la rencontre célèbre entre Ibn Arabî et Ibn Rochd.

Avant d’examiner la relation de cette rencontre par Ibn Arabî, il faut la compléter par deux textes qui sont les référents non-dits que nous révèle la traduction française à partir du texte latin, du Grand Commentaire du De Anima d’Aristote, par Ibn Rochd.

Lisons d’abord le texte extrait du De Anima d’Aristote. Il correspond au passage numéroté texte 21 de l’édition française publiée par J. Tricot:

« Mais concevoir des choses indivisibles a lieu dans les choses où il n’y a pas de fausseté. Mais [pour] les choses dans lesquelles il y a faux et vrai, il y a une certaine composition des choses conçues en tant qu’elles sont des étants ; de même qu’au dire d’Empédocle « beaucoup de têtes et de cous »… ont été disposés ensuite par la composition de l’Amitié, de même c’est aussi le cas des séparés, [réunis] grâce à une composition, comme par exemple ‘incommensurable’ et ‘diagonale’’ [du carré][3]… »

Puis, il y a ce passage d’Ibn Rochd, qui commente le textus précédent, dans la traduction française du Grand Commentaire, à la page 124. Ce passage nous révèle sur quel sujet aurait pu porter en non-dit l’échange entre Ibn Rochd et le jeune Ibn Arabî. En voici l’énoncé : (nous ne copions que la partie du texte qui intéresse notre propos)

« …L’action de l’intellect sur les intelligibles est semblable à ce qu’Empédocle dit de l’action de l’Amitié sur les étants. De même, en effet, dit Empédocle, que beaucoup de têtes étaient séparées de leur cou, et qu’ensuite l’Amitié les a rassemblés et qu’elle a composé le semblable avec le semblable, de même, les intelligibles existent tout d’abord séparément dans l’intellect matériel, par exemple ‘diagonale du carré’ et ‘côté incommensurable’, et l’intellect pense d’abord ces [intelligibles] simples, puis il les compose, c’est-à-dire (qu’il compose ‘diagonale’ soit avec] ‘commensurable’ [au côté], soit [avec] ‘incommensurable’. S’il les compose conformément à ce qui est (secundum est), il est vrai, sinon, il est faux[4]. »

Dans l’ouvrage intitulé Penseurs Grecs avant Socrate, de Thalès de Milet à Prodicos[5], la citation complète d’Empédocle, se trouve au fragment 57, page 128 : « Sur la terre poussaient un grand nombre de têtes sans cou, erraient des bras isolés et privés d’épaules et des yeux vaguaient tels quels, que n’enrichissait aucun front. »

Puis vient le texte de la fameuse relation par Ibn Arabî, de sa rencontre avec le philosophe de Cordoue, traduite par H. Corbin.

« …A mon entrée, le philosophe, de sa place, vint à ma rencontre en me prodiguant les marques démonstratives d’amitié et de considération, et finalement m’embrassa. Puis il me dit : ‘’oui.’’ Et moi à mon tour, je lui dis : ‘’oui ;’’ Alors, sa joie s’accrut de constater que je l’avais compris. Mais ensuite, prenant moi-même conscience de ce qui avait provoqué sa joie, j’ajoutai : ‘’Non.’’ Aussitôt, Averroès se contracta, la couleur de ses traits s’altéra, il sembla douter de ce qu’il pensait. Il me posa cette question : ‘’ Quelle sorte de solution as-tu trouvée par l’illumination et l’inspiration divine ? Est-elle identique à ce que nous dispense, à nous, la réflexion spéculative ?’’ Je lui répondis : ‘’Oui et non. Entre le oui et le non, les esprits prennent leur vol hors de leur matière, et les nuques se détachent de leur corps.[6]’’ Averroès pâlit, je le vis trembler ; il murmura la phrase rituelle : il n’y a de force qu’en Dieu. — car il avait compris ce à quoi je faisais allusion[7]. »

Cette mise en abîme des trois textes, nous en inférons les points suivants:

1- ‘’L’origine’’ de l’image utilisée par le jeune Ibn Arabî, de l’expression ‘’énigmatique’’ : « les nuques se détachent de leur corps » qui a, jusqu’ici, fait mystère. Cette expression, on le sait maintenant,  est une reprise d’une image similaire attribuée nommément à Empédocle, un sage présocratique, cité par Aristote.

2- Il n’y a pas de hiatus entre le contenu de l’échange entre Averroès et Ibn Arabî d’une part, et le contexte de la citation d’Empédocle, utilisée par Aristote. Dans les deux cas, il est question de la valeur cognitive de l’intellect qui correspond d’ailleurs à la question posée par Averroès : quel est le point de vue de ceux qui connaissent par le dévoilement intuitif ?

Pendant qu’Averroès s’occupait à expliquer la raison (l’intellect, ‘aql) selon Aristote, Ibn Arabî exposait sa doctrine métaphysique de l’être, sans se soucier de la définition du ‘aql, (intelligence) et s’embrouiller dans les méandres de la raison philosophique.

Comme le Coran, il ‘’raisonne’’ mais se garde de parler de ce qu’est la raison. Le Coran emploie la forme verbale ‘’raisonner (‘aqala)’’, ou intelliger, mais jamais le substantif ‘aql. C’est l’intelligence active qui pense.

Entre dire ‘’oui’’, - la raison parvient à la même connaissance que la voie mystique-  et ‘’non’’, - pour nier cette affirmation, - il est nécessaire que les têtes se détachent de leurs corps et que les esprits s’envolent. La rationalité au ras du sol ne mène pas à grand-chose. En fait les esprits n’ont même pas le temps de dire non. Ils s’envolent pour manifester leur reniement, leur négation. Ils le font en acte.

3- Elle nous situe le contexte où Averroès l’a employée lui-même, à savoir son Grand Commentaire du livre III du Kitâb al-nafs d’Aristote, le célèbre De Anima. Ce GC qui a disparu dans sa version arabe originelle et qui n’existe plus qu’en latin[8].

On en était réduit jusqu’ici aux supputations de toutes sortes, fondées parfois sur des intuitions sérieuses, comme celle de Michel Chodkiewicz, dont fait état, en note, l’ouvrage de C. Addas, Ibn Arabî et la quête du souffre rouge. Pour Chodkiewicz, ce fragment de l’échange entre les deux personnalités, portait sur le problème de la résurrection des corps. Dommage que Chodkiewicz n’ait pas développé sa pensée.

En ce qui concerne ce point, — la compréhension du contexte auquel se réfère Ibn Arabî dans la réponse qu’il fit à Averroès, et qui fit pâlir et trembler ce dernier — on peut relever d’ores et déjà qu’il va plutôt dans le sens de la question posée par Ibn Rochd à Ibn Arabî qui lui demande si le résultat de l’approche spéculative et celui de la voie initiatique (dévoilement) convergeaient en ce qui concerne la connaissance pure, aussi bien que sur des sujets spécifiques comme par exemple celui de la résurrection des corps.

Il porte donc sur la valeur ultime des deux options, des deux voies de connaissance, l’apodictique et l’intuitive.

Cela peut concerner aussi l’interprétation de M. Chodkiewicz, mais pas que.

On peut aussi supposer qu’il est question de la fameuse ‘’unité de l’âme’’ (monopsychisme), professée par Averroès ainsi que par Ibn Arabî (wahdat al-rûh).  Sans doute, du fait que le Coran affirme explicitement que Dieu « vous a créés d’une seule âme (Sourate 4 : 1)».

Reste à savoir si cette unité de l’âme permet d’envisager une unité de la destinée des hommes.

***

A la question d’Ibn Rochd, Ibn Arabî répond d’abord par un oui, pour confirmer que le savoir illuminatif est bien identique (de par son objet) à ce que dispense l’approche spéculative, de par une synonymie au sens logique[9] du terme savoir. Dans le Fusûs al-Hikam, Ibn Arabî affirme que le terme ‘ilm (science, connaissance) signifie la même chose, appliqué aux hommes ou à Dieu. La différence est que la science divine est éternelle, alors que la science des hommes est acquise et limitée. Le savoir acquis diffère (de par sa méthode) entre le philosophe et le mystique. Cette synonymie est nécessaire ; sans elle, aucun discours n’aurait de sens, qui serait un commentaire d’un texte révélé.

Voyant la joie d’Averroès, Ibn Arabî fait suivre sa réponse par un ‘non’, pour signaler que cet accord formel n’implique pas l’existence d’une unité de mesure commune entre les deux approches[10] illuminative et apodictique. ‘’Entre le oui et le non, ajoute-t-il, les esprits s’envolent de leurs matières et les nuques se détachent de leurs corps’’. Pour progresser dans la Voie, il faut rompre avec la voie de l’intellect. Les deux voies ne sont pas identiques. Chacune génère une connaissance particulière, même si l’objet d’étude est le même : l’âme.

Si on se réfère au chapitre 167 des Futûhât mentionné ici, on peut affirmer que la première partie de ce dialogue se rapporte à un échange qui aurait eu lieu au moment (fictif) de la rencontre du philosophe et du soufi. Les deux hommes sont d’accord, car ils sont encore au sol tous les deux.

La deuxième partie, celle où Ibn Arabî complète sa réponse par un ‘’entre le oui et le non’’ se rapporte au moment où les deux ‘’voyageurs’’ sont déjà parvenus aux étapes avancées de leur voyage. L’homme spirituel voit des réalités, alors que le philosophe voit des concepts.

Le commentaire d’Ibn Rochd, ‘’Il n’est de force et de mouvement que par Dieu’’, n’est pas simplement une formule exprimant une sorte de tawba, de pénitence. Il confirme bien que pour lui, seul Dieu est l’agent, en dernier ressort. Ibn Rochd est un musulman, comme Ibn Arabî.

Au fur et à mesure que la conversation entre les deux hommes avance, leur incompréhension mutuelle indique qu’il y a divergence (ou inégalité) entre leurs intellects. Les choses sont perçues différemment de part et d’autre.

Ibn Arabî respecte Ibn Rochd en qui il voit un grand maître de la pensée et de la spéculation rationnelle (min arbāb al-fikr wa al-naẓar al-ʿaqlī)

Dans sa réponse à Ibn Rochd, Ibn Arabî n’emploie pas le terme d’intellect (‘aql), mais celui d’esprit, rûh, arwâh) : ‘’ les esprits prennent leur envol…’’. Comme pour rappeler à Ibn Rochd que si les têtes peuvent retrouver les cous qui leur correspondent, ce ne peut être que par l’esprit, et que sans ce dernier, il ne peut y avoir ni tête ni cou, ni corps. L’ordre cosmique vient de l’esprit, d’une intelligence supérieure. Sans quoi les têtes resteraient à jamais coupées des cous.

Ibn Arabî, ajoute pour conclure le récit de sa rencontre avec Ibn Rochd : « Averroès pâlit, je le vis trembler ; il murmura la phrase rituelle : il n’y a de force qu’en Dieu... — car il avait compris ce à quoi je faisais allusion. » A quoi faisait-il allusion ? Sans doute, à la phrase d’Empédocle. En employant une image similaire à celle d’Empédocle, Ibn Arabî fait comprendre à Ibn Rochd, qu’il répond bien au passage du philosophe présocratique cité par Aristote. Mais encore plus, il dit à Ibn Rochd que les significations ne demeurent pas dans leurs matières (les têtes, les corps), qui ne sont que les lieux de manifestation des vérités immatérielles en soi. Elles retournent à l’esprit qui les a formulées, dégagées. ‘’L’envol des esprits et le détachement des nuques de leurs corps.’’ 

Les nuques se détachent de nouveau de leurs têtes. C’est à chaque instant que  se compose et se décompose la jonction entre les têtes et les cous.

C’est sans doute cela qui aurait pu ‘’faire pâlir et trembler’’ Ibn Rochd.

Ibn Rochd aurait alors pu penser qu’Ibn Arabî avait une connaissance (miraculeuse ?) du texte d’Aristote, et/ou de la citation d’Empédocle.

Qu’est-ce qui a donc été dit, ou implicitement signifié par Ibn Arabî, qui aurait troublé la conviction du philosophe ?

La réponse doit se trouver surement dans le passage ‘’les esprits s’envolent de leur matière et les nuques se détachent de leurs corps’’

Cette phrase indique une instabilité de la liaison existant entre ‘’les esprits avec leur matière » et celle existant entre ‘’les nuques avec leurs corps’’ qui ne dure que le temps où Ibn Arabî est passé du oui au non.

Si c’est le cas, cela se référerait au fait que c’est l’amitié qui rassemble ‘’les têtes et les cous ’’ et que c’est encore elle qui compose les unions de l’intellect avec les intelligibles. Et peut aussi se référer implicitement au verset coranique de la création perpétuelle (khalq al-jadîd).

Ce serait alors une indication qu’Ibn Arabî ne se fie pas à la connaissance acquise par la voie démonstrative qui croit établir des vérités immuables et fixes.

Il faut aussi prendre en compte la formule coranique prononcée par le philosophe lorsqu’il entendit la réponse du jeune Ibn Arabî : il n’est de force et de mouvement que par Dieu. Elle pourrait être interprétée comme une reconnaissance que les choses n’ont de réalité que celle qu’elles ont in divinis, que la composition effectuée par l’intellect humain ne peut subsister par elle-même, et ne peut avoir d’être que mental.

Question inévitable : Doit-on penser qu’Ibn Arabî, alors adolescent, aurait répondu à Averroès en faisant usage d’une information qu’il aurait lue lui-même dans un manuscrit d’Averroès qu’aurait emprunté le père d’Ibn Arabî, - ami du philosophe-, peut-être en préparation de la rencontre ? Ou bien doit-on penser qu’il s’agit d’une improvisation d’Ibn Arabî qui se trouve être, par hasard, en conformité avec la citation d’Empédocle ?

Ceux qui croient aux enseignements du soufisme, pourraient penser qu’Ibn Arabî connaissait cela de par sa qualité de saint. On sait que pour lui, les ‘’awliyâ sont les héritiers des prophètes’’. Or pour les musulmans, Empédocle est un prophète (comme on le rappelle ici, plus bas). Les saints peuvent donc accéder au savoir d’Empédocle, par la voie du kashf, le dévoilement intuitif.

Sinon, comment aurait-il pu mentionner ‘’les nuques qui se  détachent de leurs corps’’ qui apparaît clairement dans le texte d’Aristote et que ce dernier a emprunté à Empédocle?

Mais si on admet, qu’Ibn Arabî a su ou lu quelque part que la phrase figurait bien dans le De Anima, et qu’il savait pertinemment qu’elle est attribuée à Empédocle, dans ce cas on devra lui reconnaître d’avoir fait prévaloir une réponse ‘’soufie’’ sur une réponse rationnelle, aristotélicienne, en choisissant de recourir au vocabulaire énigmatique des maîtres de la mystique. En donnant sa réponse, Ibn Arabî indique que sa préférence va à Empédocle et non à Aristote. Il préfère l’expression métaphorique, imagée, (celle d’Empédocle) à la formulation rationnelle du Stagirite, surtout quand on parle de l’âme.

Mais, ne connaissant pas les détails et ne sachant pas si Ibn Arabî n’a pas résumé excessivement son  échange avec le commentateur d’Aristote, on ne peut pas exclure que quelque autre donnée omise par Ibn Arabî, aurait pu aider le philosophe à comprendre la réponse énigmatique du jeune Ibn Arabî.

Nous n’avons donc que la possibilité d’émettre des hypothèses, hypothèses devant être fondées sur l’enseignement général du Shaykh al-Akbar.

On peut émettre par exemple, l’idée que dans son esprit, son échange avec le philosophe de Cordoue ne présente rien de mystérieux, et contient même tous les éléments nécessaires à sa compréhension.

On vient de le dire, « Les têtes qui se détachent de leur cou » est une citation d’Empédocle employée par Aristote qui illustre la façon dont les parties se composent les unes avec les autres quand il y a affinité, ou se séparent lorsqu’il n’y a pas harmonie entre elles[11].

 

[1] Cet article traite d’une ‘’découverte’’ concernant l’échange qui eut lieu entre les deux hommes dont les noms servent de titre. Ce thème aurait fait énormément plaisir au regretté Professeur Michel Chodkiewicz, et c’est pourquoi je le lui dédie.

[2] Ce Grand Commentaire a disparu dans son texte d’origine en  langue arabe et n’a survécu que dans sa  traduction latine. Celle-ci a fait l’objet d’une première traduction en langue française par Alain de Libera, sous le titre de : Averroès, l’intelligence et la pensée, Sur le De anima, présentation et traduction par Alain de Libera, GF Flammarion, Paris, 1998.

[3] Dans la traduction de J. Tricot, (1934), on ne trouve pas de différence avec le texte utilisé par Averroès, du moins en ce qui concerne ce passage.

[4] Page 124, du GC traduit du latin par Alain de Libera.

[5] Traduction, introduction et notes, par Jean Voilquin, Garnier-Flammarion, 1964, Paris

[6] قلت له : نعم ولا وبين نعم ولا تطير الأرواح من موادها والأعناق من أجسادها

[7] La quête du soufre rouge, page 57, reprenant la traduction de Henry Corbin, dans L’Imagination créatrice, pages 39-40.

[8] Voir l’introduction d’Alain de Libéra où il évoque l’histoire de cette traduction et les difficultés qu’elle présente.

[9]Ainsi, homme et cheval sont des synonymes par rapport à animal.

[10] ‘’Ils connaissent un aspect de la vie présente, tandis qu'ils sont inattentifs à l'au-delà.’’ Coran, 30 : 7, traduction Hamidullah

[11] Il semblerait que pour Empédocle, les organes humains, la tête, le torse et les membres antérieurs et supérieurs, des hommes leurs sont attribués à charge pour eux de les acquérir par leur mérite, la réalisation de leur humanité. Faute de quoi ces organes retourneront à la forme des animaux inférieurs. Cela rappelle un enseignement du soufisme selon lequel l’initié doit acquérir la maitrise de ses organes, de sa bouche, de sa parole, de ses oreilles, de ses yeux, de ses jambes, bref de tous ces organes qui doivent être mis sous le contrôle de l’homme réalisé, afin de ne pas tomber sous le contrôle des forces négatives. C’est cela qui est désigné par le terme de walâya, autorité exercée par l’aspirant sur ses forces. C’est à cela que se mesure le degré d’élévation d’une âme. Voir à ce sujet un passage important du Maqâlât-e Shams Tabrîzî, en début d’ouvrage.

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Omar BENAISSA