19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 16:02

Le défi du Coran

Le Coran n’est pas un texte ordinaire humain où l’ambition du Locuteur n’est jamais d’atteindre l’humanité entière. Le Coran pose un défi qui n’a jamais été relevé : que les hommes produisent une seule sourate qui égale celles qu’il contient.

Chercher des solutions dans l’étymologie est une activité compréhensible lorsqu’on aborde un texte dans une perspective lexicale.

Mais telle n’est pas la perspective de Luxenberg. Il ne cherche pas le sens du mot, il cherche à le faire glisser hors de son contexte pour pouvoir lui substituer un autre sens favorable à l’étaiement de sa thèse.

C’est ce que le Coran appelle yuharrifûn al-kalima, (sourate al-Baqara (la Génisse), 2 : 75 ; al-Nisâ, 4 : 46 ; al-Mâ’ida, (la Cène), 5 : 13 et 5 : 41), c’est-à-dire faire glisser les sens des paroles hors de leur contexte, de façon à changer la portée et le sens du verset contenant ledit mot, ladite parole. A proprement parler, cela s’appelle faire de la falsification.

C’est un point que les premiers lecteurs de Luxenberg n’ont pas saisi, et qui les a conduits à  surestimer l’apport de son ouvrage, qui  ne peut être accepté par un musulman que si la logique interne du Coran y consent.

C’est un exercice qui a priori ne promet rien. Il faut avoir une motivation très forte pour entreprendre une chose. Or Luxenberg l’a eue sûrement. Son travail a été patiemment mené.

Comme tout chercheur, il a pensé avoir trouvé un bon sujet de thèse, le bon filon pour marquer la recherche. On peut dire qu’avec ce livre, il a eu l’occasion de rentabiliser les années qu’il a consacrées à l’étude du syriaque. Mais il ne suffit pas de trouver un sujet de recherche très motivant pour être assuré de rencontrer le succès. Il faudra d’abord trouver des lecteurs, et passer l’épreuve de la critique.

Le Coran est un édifice multidimensionnel qui ne se laisse pas approcher par le seul outil de l’étymologie, comme nous allons essayer de le montrer ici.

Le Coran n’est pas un ouvrage de linguistique, ni un livre d’histoire. Et Luxenberg le sait bien : on ne traite pas ‘’un Livre sacré’’ comme on traite un excellent roman ou une œuvre philosophique.

On ne comprendrait rien à la Bible sans y mêler l’histoire, les motivations profondes des prophètes qui la peuplent, les ambitions des hommes, leurs échecs, les scholies qui jouent le rôle d’aiguilleurs pour les lecteurs qui cherchent la cohérence du texte, etc.

Le Coran est reconnu comme une œuvre d’origine divine par ‘’des milliards d’êtres humains’’. Ça pourrait être des centaines de milliers que ça ne changerait rien à l’affaire.

Et il va de soi qu’il faudra ménager les sensibilités. Essayez d’aller expliquer sans y être invité, à une secte quelle qu’elle soit, que son ‘’livre’’ contient des erreurs.

La religion nous interdit de manquer de respect aux choses sacrées des gens fussent-ils des païens ! Pas par bonne morale seulement, mais parce que les hommes envisagent les choses chacun selon son niveau, et qu’en disant du mal des autres, c’est à soi-même que l’on fait mal ultimement, par effet de feed back.

Les musulmans n’ont jamais prétendu que le Coran a définitivement donné, livré toutes ses significations. Bien au contraire. Il n’existe aucun commentaire du Coran qui soit canonique, qui impose des limites à la compréhension des savants. Le Coran invite les hommes à le méditer. Il ne fournit pas les explications, il les suggère. C’est aux hommes d’aller les chercher, de travailleur dur dans ce but. Le Coran est invariable, mais chaque homme a son propre coran, dans la compréhension qu’il en a. C’est dans les hommes que réside la cause des différences d’interprétation du Coran, car il y a une inégalité des intelligences inhérente aux hommes.

Ce qui est condamnable dans l’œuvre d’un savant qu’il soit chrétien ou juif ou musulman, c’est la malhonnêteté intellectuelle.

Comme Luxenberg, je vais ici recourir à la philologie, et à toutes ressources linguistiques et métaphysiques.

De la forme humaine sur terre :

Les hommes qui vivent sur terre ont une tête, un tronc et des membres, comme on nous l’enseignait à l’école primaire. Ils se distinguent des singes par la faculté qu’ils acquièrent dès leur enfance, de se tenir debout sur les jambes, libérant ainsi les membres antérieurs (mains) pour agir et travailler avec.

Les philosophes ajoutent que les hommes surpassent les animaux par la différence spécifique de la faculté rationnelle : l’homme est un animal raisonnable. Averroès ajoute que nous partageons cette spécificité avec les anges[1].

Or dans la matrice, les hommes et les femmes ont commencé par être de forme sphérique, comme un grain de raisin, qui est la forme originelle. Et jusqu’au dernier moment de sa vie dans la matrice, avant de venir à ce monde, le fœtus plie les jambes et sa tête est calée entre les genoux, et il se présente extérieurement dans le ventre de la femme enceinte, comme une sphère parfaite.

Au moment de naître, il se détend, s’allonge et se présente la tête en avant, pour signifier par la forme ronde de sa tête, qu’il vient du monde des sphères. Il n’aurait pas pu se développer de tout son long, dans la matrice.

C’est parce qu’ils sont destinés à vivre sur la planète que les hommes ont déployé leur jambes, leurs mains et relevé leurs têtes. Autrement, les hommes seraient comme des météores, des planètes, de forme sphérique. Une fois hors de ce monde, les hommes n’auront pas besoin de se manifester dans la position debout qui les gênerait dans leurs déplacements dans l’espace. Nous redeviendrons tous comme des grains de raisins, la forme humaine terrestre s’étant reployée au fond comme le noyau de raisin blanc visible dans la transparence de la chair, comme un souvenir du temps où nous nous en servions sur terre, comme le coccyx dont on dit qu’il est une réminiscence de la queue dont l’homme s’est débarrassé au fil des siècles et des millénaires, au dire des évolutionnistes. Selon son  mérite, chacun deviendra une planète, un astre, une comète, un météore. Nous reprendrons notre place dans le Ciel dont nous procédons, avec la forme qui convient à la vie céleste.

Nous savons inconsciemment cela, lorsque nous nous représentons les objets célestes supposés comme des sphères qui en se posant sur terre, sortent leur train d’atterrissage, comme le font les avions et les soucoupes volantes encore imaginaires. Pour vivre dans ce monde, les jambes et les mains sont indispensables. Pour vivre dans l’eau, les pieds ne servent pas à grand-chose.

Quand nous quitterons ce monde, nous sortirons de sa matrice, (car nous sommes à notre insu en train de voyager d’une matrice à une autre, d’une naissance à une autre, en quête de perfection) avec la forme sphérique de l’esprit, abandonnant notre peau d’argile à ce monde. Nous courrons alors à toute vitesse après d’autres planètes dont nous serons tombés amoureux, pour leur faire la cour…

Du discours allusif

Remarques générales sur le travail de Luxenberg

Luxenberg fait l’impasse sur beaucoup de questions qui pourtant sautent aux yeux:

L’une serait : pourquoi s’est-il arrêté juste là où le débat devait commencer ? En effet après avoir établi,  – de façon irréversible à ses yeux –, que les houris ne sont que du raisin blanc, en se fondant sur sa source syriaque, il lui restait en principe à vérifier, comme précaution méthodologique incontournable, que cette expression ne possédait pas un sens métaphorique, si les hommes ne s’en servaient pas pour parler des  femmes de façon allusive, par pudeur devant les enfants ou pour leur propre plaisir. L’oriental, et en général tous les peuples ont un respect de la pudeur, et recourent au langage voilé. Pour Luxenberg, le monde s’est arrêté au moment où il a déposé sa plume. Or nous allons le voir, ce fut bien le cas.

En outre, il propose de son propre gré un sens différent du mot ‘în, qu’il traduit une autre fois par ‘’cristal’’. Pourquoi n’a-t-il pas poursuivi son intuition pour comprendre enfin que s’il est question de cristal, cela constitue un appel à approfondir la réflexion sur le sens de ḥûr al-‘în, qui reviendrait à quelque chose comme les ‘’blanches de cristal’’ sous entendu les épouses blanches et délicates et fragiles comme du cristal. Il n’aurait pourtant pas loin été de la vérité.

Or cette image est reprise par une tradition répandue aussi  bien chez les sunnites que les chiites. Le Prophète (S) aurait dit à l’adresse d’un chamelier : ‘’ Prends garde ou sois doux avec les récipients de cristal, rifqân bil-qawârîr ! ‘’. La tradition nous a été transmise avec cette signification, et est entrée comme un proverbe. Le Prophète voulait indiquer aux chamelier de veiller à ce que les femmes si gracieuses et si fragiles ne soient pas indisposées lors de leur voyage sur des litières à dos de chameaux.

Le terme qawârîr, apparait trois fois dans le Coran, al-Naml 27 : 44, et al-Insân, 76 : 15 et 16

Ce mot est traduit par cristallin, ou cristal, quelque chose de délicat et de fragile.

Luxenberg n’a pas poursuivi son examen de peur sans doute de devoir reprendre son texte depuis le début.

 

Or ce qui fait la propriété première du cristal, c’est la fragilité. Les femmes sont si fragiles, si faibles, que les hommes reçoivent l’ordre de les traiter avec attention et amour. Luxenberg aurait pu ensuite noter que l’aspect cristallin implique la translucidité, ce qui est une qualité du raisin blanc dont on peut apercevoir les noyaux à l’intérieur.

D’ailleurs en général, les métaphores sont nombreuses pour évoquer, respectueusement, la femme. Abraham s’était rendu au Hijâz, pour rendre visite à son fils Ismaël. Arrivé en terre sainte, il ne trouve que sa belle-fille, la première épouse d’Ismaël, à qui il se présente, ne la connaissant pas auparavant. Celle-ci ne l’accueille pas comme il convient d’accueillir un beau-père, ignorant les usages, ou pour une autre raison.

Abraham n’attend pas le retour de son fils pour se lever et partir. Il laisse ainsi un message pour son fils : ‘’ Dis-lui que ton père est passé. Il te recommande de changer le seuil de ta maison.’’

Quand Ismaël rentre, son épouse l’informe et lui transmet le message. Ismaël  comprit que son épouse avait mal accueilli son père, et que son père lui demandait de s’en séparer.

Le ‘’seuil de la maison’’ est une métaphore de l’épouse. Si le seuil est jugé bon, c’est que l’épouse est une bonne épouse...

Autre négligence : Affirmer que le terme ḥûr  pluriel de hawrâ’, n’est pas documenté dans les premiers temps de l’islam, c’est aller un peu trop vite en besogne.

Il existe au moins une occurrence de ce mot dans la réponse que fit Abdallah ibn Abbâs à une question que lui posa un musulman qui désirait savoir si le mot ḥûr était connu des Arabes, si elle avait un appui littéraire ? A quoi ibn Abbâs aurait répondu par la positive et a cité un vers d’al-A’shâ qui l’emploie dans le sens de beauté féminine. Cette tradition est mentionnée par Suyûtî dans son Tafsîr Durr al-mantḥûr fi al-tafsîr bil-ma’tḥûr au commentaire du verset 44 :54), où il insère le vers invoqué par Ibn Abbâs.

Effectivement je suis allé chercher dans le Diwân d’al-A‘shâ[2], et j’ai retrouvé l’expression dans un poème rimant en qâf, numéroté 33, page 217, dans l’édition que j’ai téléchargée sous forme PDF de l’internet. J’y ai même trouvé rapidement par chance, un autre emploi, cette fois sous la forme du singulier hawrâ’ dans un autre poème du Diwân, numéro 18, page 139.

Wa ḥûrun ka-amthâl al-dumâ, wa manâṣifu

Wa qidrun wa tabbâkhun wa ṣâ‘un wa daysaqu

Il compare les ḥûr à des poupées (dumâ). Ce qui n’a rien à voir avec des raisins.

Quant au singulier hawrâ’, il apparait dans un poème rimant en  :

… Yashfî ghalîla al-nafsi lâhin bihâ

Ḥawrâ’un tuṣbî nadhara al-nâdhiri

La hawrâ’ qui charme le regard de l’homme.

Dans le cas d’al-A‘shâ, le contexte est clair pour laisser à entendre qu’il s’agit de beautés féminines conquises par le poète, surtout que la présentation de ce dernier en fin de volume, nous informe que c’était une sorte de Casanova, un poète plus inspiré par l’amour physique que par la romance ou par le raisin blanc. La référence donnée par Suyûtî est aussi reprise par le Lisân al-‘arab à l’article de la lettre qâf.

Certes, la question posée à Ibn Abbâs indique que ce dernier et les commentateurs musulmans postérieurs savaient que l’expression ḥûr al-‘în était rare, d’un usage qui n’était pas généralisé, peu connu, mais ce n’est pas le seul cas. La langue coranique est l’héritière par excellence de la langue araméenne. Elle s’est enrichi aussi des différents parlers arabes, comme ceux du Yémen. On sait que la langue arabe est la langue la plus riche qui soit. Il y a dans le Coran, beaucoup de mots que tous les contemporains du Prophète, ne connaissaient pas forcément. Or pour le terme ḥûr, pluriel de ḥawrâ, cette seule mention d’un vers de la Jâhiliya contredit Luxenberg.

 Dans tous les parlers, la compétence et la performance linguistiques ne sont jamais données qu’à une élite. Les linguistes arabes désignaient par shawâdh, les termes d’emploi rare. Il suffisait qu’on lui trouve au moins un témoin (shâhid), dans la poésie antéislamique ou postislamique pour l’inscrire comme authentique. Le terme ḥûr au sens de belles femmes est attesté dans un vers du poète al-Ash’ath, mort au début de l’islam.

On connait aussi le cas du deuxième calife qui ignorait le sens du mot abban au verset 80 : 31.

Quelqu’un le lui enseigna. Après tout, la langue arabe est encore si riche que très peu peuvent prétendre la maîtriser totalement de nos jours. Mais il y aura toujours quelques uns dont le savoir réuni peut servir à reconstituer le Coran et ses sens, même si toutes les copies du Coran du monde venaient à disparaitre, ce qu’à Dieu ne plaise !

Même si l’expression syriaque était celle-là même qui se trouve dans le Coran, il demeure qu’elle n’a pas été étudiée à fond. Parce que toute langue présente des sens propres et des sens figurés. Qu’est-ce qui nous dit que l’expression ḥûr al-‘în, rendue en syriaque, n’aurait pas eu aussi le sens que lui donnent le Coran et les musulmans. Dire que c’est parce que cela n’est pas rapporté dans quelque ancien écrit syriaque ne suffit pas. A combien évalue-t-on le nombre de textes syriaques disponibles ? J’ai suivi cette voie et j’ai trouvé que l’expression possède bien un sens métaphorique qui a même supplanté le sens originel, en admettant que ḥûr a bien servi à qualifier le raisin.

 Mais comme Luxenberg ne s’appuie que sur un seul exemple tiré du syriaque et qu’il n’ignore pas que ce seul exemple ne saurait fonder toute une doctrine, son échec devient flagrant quand il va tenter de conforter son exemple en détournant le sens de certains mots adjacents qui le contredisent de façon évidente. Par exemple, dans la suite du verset, le Coran parle de l’union des croyants avec les houris du paradis, Luxenberg recourt à une astuce pour interpréter le ductus que les musulmans lisent zawwajnâhum, pour en proposer une autre lecture. Il sait en effet que l’on ne se  marie pas avec des grains de raisin. Il va donc supprimer des points diacritiques du mot zawwajnâhum pour obtenir à sa grande joie rawwahnâhum (nous les faisons reposer, nous les confortons). Une lecture tirée par les cheveux, s’il en est. Là aussi il essaie d’exploiter à fond le maigre lexique syriaque pour en tirer la gluante moelle. Le choix n’est pas proposé a priori, sur une présomption de fausse lecture du mot coranique actuel, mais dans la seule fin de conforter sa conclusion première que le ḥûr al-‘în est du raisin d’après le syriaque.

Or, il commet une grave erreur en prenant la liberté d’improviser en jouant sur les lectures. Les musulmans savaient bien que certains ductus pouvaient prêter à double lecture. J’ai en tête celui de tabayyanû qui était lu par certains comme tathabbatû. On a gardé tabayyanû (49 : 6), plus fréquent (2 :109) et on a laissé ‘’ en marge’’ tathabbatû.

« O vous qui avez cru! Si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-en la véracité [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait. » Vérifiez-en la véracité = enquêter. C’est à peu près le même sens que présente le verbe tathabbatû.

Cette proximité entre les deux mots générés par le ductus s’accompagne d’une proximité sémantique, qui ne gêne pas le sens général du verset, et ne le remet pas en cause. Cela indique que les premiers musulmans faisaient attention à ne pas lire un ductus de façon aléatoire. Le Coran était retenu aussi dans les mémoires des hommes, pas seulement dans les parchemins.

Par conséquent, la conclusion de Luxenberg est irrecevable du point de vue scientifique. Il y a trop d’insuffisance, d’amateurisme, de travail bâclé. Je ne peux pas juger de sa compétence en syriaque, mais il lui reste beaucoup à étudier avant de s’attaquer au Coran au sens figuré, louable du mot attaquer.

La seule explication plausible, en admettant la réalité du sens signalé par Luxenberg, est celle d’un oubli du sens métaphorique dans le syriaque, qui n’a gardé dans la source à laquelle il se réfère que le sens premier (raisin blanc, pour le syriaque, selon Luxenberg), alors que la mémoire collective ‘’arabe et musulmane’’ (en admettant une parenté entre la source syriaque et la source arabe, qui ne va pas de soi) en a conservé le sens métaphorique.

Ce qui est resté est le sens selon lequel les ḥûr al-‘în, désignent les beautés du Paradis.

Dans la Bible il est question du ‘’fruit défendu’’, (arbre défendu dans le Coran) qui se trouvait au ‘’paradis’’. Cette interdiction fut transgressée par Adam et son épouse. Beaucoup interprètent ce ‘’fruit’’ non pas comme un fruit du jardin, mais un fruit de la jouissance. Et si les ḥûr al-‘în étaient ce fruit ? et qu’après la ‘’chute’’ causée par cette transgression, les hommes ayant séjourné sur terre et qui ont mérité de retourner au paradis gagnaient enfin le droit de s’en approcher ?

Ce genre de glissement de sens est fréquent dans toutes les langues du monde. Luxenberg peut en trouver des exemples par milliers. On peut citer comme exemple, ce que l’on appelle les ‘’faux amis’’ qui sont les mots français empruntés tels quels en anglais mais avec des sens différents, malgré l’homonymie. Le mot français porc désigne en anglais la chair du cochon, mais pas la bête, qui est appelée pig en anglais.

 En outre, même les textes sacrés recourent aux figures de style. A la métonymie par exemple, dans la sourate 12 (Joseph) : ‘’Interroge donc la cité où nous étions ! Ainsi que les chameaux…’’ que tout arabophone de l’époque comprendrait comme : ‘’ Interroge donc (les habitants de) la cité, ainsi que (les gens qui se  trouvaient dans) les caravanes, avec nous… » Ou « Si vous soutenez Dieu, il vous fera triompher » pour dire ‘’si vous soutenez (les partisans de) Dieu….’’

Il s’agit de raccourcis dont la compréhension n’a jamais fait problème.

 Il y a aujourd’hui tant d’expressions que les gens emploient sans en connaitre le sens premier, même quand ils peuvent le retrouver dans les livres spécialisés !

Et dans le cas de ḥûr al-‘în, le syriaque s’est éteint depuis longtemps, – même s’il continue à être utilisé dans quelques cercles savants de plus en plus réduits, – pour fournir davantage de documentation à son sujet. Le latin comme le grec, est incomparablement plus documenté que le syriaque.

Nous allons maintenant illustrer nos propos précédents.

 

[1] Dans son commentaire de l’Isagogé de Porphyre. Cette remarque est ajoutée ici parce qu’éclaire la raison pour laquelle les belles du paradis, hûr et autres, sont désignées avec le pronom –hunna, propre au sexe féminin, en ce monde et donc dans l’autre.

[2] L’auteur de l’édition, Muhammad Hossein, est un universitaire égyptien qui a révisé et complété l’édition allemande de Rudolph Gayer, publiée en 1928. Son édition date de 1950.

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Omar BENAISSA - dans CRITIQUE de textes