30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 14:04

 

« Guerre à Rome, paix à l’islam. » F. Nietzsche

Le monde est dans l’impasse. Même les grandes puissances ne savent plus quoi faire ! Elles ne savent plus concocter une guerre qui occuperait leurs peuples, qui les ferait rêver de victoires et de conquêtes.

Pourvu qu’elle ne mette pas en cause leur supériorité et ne nuise pas à leurs intérêts, bien sûr.

L’imagination n’a plus de ressource, de motivation. C’est le flou qui règne.

Récemment, L’Amérique a retiré ses troupes  de l’Afghanistan et la France, en même temps, a retiré ses troupes du Mali. Qu’est-ce qui a poussé ces deux puissances à cette décision simultanée non précédée d’une entente, entre les deux puissances ?

Sûrement la fatigue, l’usure, la réalisation de l’absurdité. Mais l’histoire ne peut pas s’expliquer par la paresse ou la perte de l’envie de guerroyer.

Ainsi, grand esprit, Nietzsche avait vu en l’islam un facteur de pacification du monde.

C’est par expérience que l’Amérique souhaite d’arrêter les guerres. Elle s’y est épuisée, ruinée, après s’être ingérée dans tant de guerres… Elle a fini par se retirer d’elle-même, à chaque fois, oubliant même les raisons qui l’avaient poussée à s’ingérer. Juste pour se prouver qu’elle pouvait le faire.

Les Russes ont toujours mieux calculé le moment de se retirer, de façon à partir honorablement. Nous avons vu comment Gorbatchev a libéré tous les pays de l’Union soviétique, sans céder à la tentation de garder sous le contrôle de son pays, un morceau de l’ancien territoire de l’URSS, par-ci par-là.

Sans doute, il existe des êtres qui savent prendre le pouls de l’humanité et qui sont de ce fait capables de prendre les commandes du train, d’accélérer sa vitesse ou de le faire dérailler au besoin.

Pour le moment, ces puissances sont en paix malgré elles, loin d’être à l’affût d’une bonne raison de guerroyer, sous l’effet d’une menace qui leur inspirerait la crainte de tout y perdre.

Que dis-je, en fait, elles auraient carrément peur de faire la guerre, ne sachant comment la contrôler. C’est la dévirilisation des terriens ?

Est-ce à dire qu’il n’y a plus d’audace, ni d’envie de mourir pour la patrie ? C’est que rien ne garantit plus la gloire. Tout le monde désavouerait celui qui s’en prendrait à des faibles.

Ce ne sont pourtant pas les motifs de guerre qui font  défaut à ceux qui la cherchent, tant est qu’ils existent encore.

Est-ce parce que les grandes puissances se méfient les unes des autres, ou bien parce qu’elles sont dissuadées par l’égalité des forces, et donc par la neutralisation réciproque de leurs moyens d’extermination.

Là n’est pas la question. C’est pire. C’est l’absence de thymos, dont parle Platon, le sens de l’honneur, de la grandeur, l’indignation, (devant la fausseté, l’injustice). Mot équivalent à l’arabe algérien horma, respect de soi, d’une personne ou d’un peuple.

Sans le thymos, les moyens militaires des hommes d’aujourd’hui rendraient la guerre insensée, car elle ferait mal aux deux camps, les agressés et les agresseurs. La guerre ne doit pas être une folie. Comme celle de 14-18 qui a ruiné la France et l’Allemagne, surtout la première. Comment motiver les hommes pour la guerre ?

Devons-nous en conclure que les hommes n’ont plus de raison valable, psychologique et matérielle, de se faire la guerre ?

Force est de constater que le moteur de l’histoire s’est arrêté, grippé. Je suppose que même l’espionnage professionnel (interétatique) n’a plus de raison d’être, tout le monde étant dans une même situation, incertain au sujet de ce qu’il faut faire. A quoi bon continuer !

Poutine qui préside une grande puissance déclarait récemment qu’il n’est pas nécessaire que son pays investisse dans tous les moyens de la guerre, du moment qu’il est doté de missiles surpassant en puissance ceux de ses ennemis potentiels. Parole pleine de sagesse, car elle implique que les moyens militaires ne sont pas la fin en soi. Les armes sont faites pour se défendre.

A quoi servirait-il de surveiller les progrès militaires des autres, voire de les copier, si la finalité n’est pas d’abord d’éviter d’entrer en guerre en œuvrant à sortir de l’impasse actuelle par la paix, alors qu’aucune perspective nouvelle, aucune idée neuve, ne se profile à l’horizon des esprits échaudés…à blanc. La course aux armements elle-même n’a pas de sens, ne sert plus à rien.

Dès que le plan que mijotent certains sera pressenti, d’autres se mobiliseront pour le contourner et préparer le moyen de le neutraliser. Simple conclusion de l’esprit familier avec les lois de l’histoire.

Quand s’épuisent les ressources premières d’un peuple et son énergie vitale, il ne lui reste plus qu’à compter les jours qui le séparent d’un retour à son état d’avant la civilisation, l’âge de pierre ou le moyen-âge.

Souvent, les guerres éclatent quand les situations deviennent insupportables et insolubles à la fois, quand les sociétés ne trouvent pas d’autre issue.  Elles servent de moyen révélateur, de signes avant coureurs, d’une crise grave. Grâce à ce pis-aller, un  nouvel ordre s’établit pour un certain temps.

Pour leur part, les musulmans ne peuvent faire la guerre qu’entre eux. Ils savent qu’avec les moyens limités dont ils disposent, ils n’oseront jamais défier un pays occidental. Ils sont sûrs qu’ils seront défaits.

Ce qui n’est pas un mal en soi. Car la fonction dévolue aux musulmans, s’il leur en reste une, c’est de contribuer à instaurer la paix dans le monde. Acquérir la bombe atomique, ne servira à rien, sinon à aggraver leur situation, et ajouter aux tensions internationales.

Les guerres s’imposent naturellement, instinctivement dirais-je, aux hommes. Car c’est lorsque ces derniers sont poussés contre leurs semblables, que l’humanité se réveille et progresse. Ce n’est pas forcément la ‘’course aux armements’’, ce peut être l’émulation, la compétition scientifique, militaire, économique ou sportive. « Et si Dieu ne poussait pas une partie des hommes contre une autre, la terre serait certainement corrompue. » (Coran, 2 : 251)

Les Latins ont formulé cette sagesse : si vis pacem para bellum… si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre. Mais cette ‘’sagesse’’ est ambigüe : elle aurait été plus pertinente si elle avait été formulée de  cette façon : si tu veux éviter la guerre, pense d’abord au moyen de rétablir la paix.

Se préparer à la guerre, c’est déjà la vouloir, d’une certaine façon. Or selon un autre dicton : ‘’Prévenir vaut mieux que guérir’’.

La guerre plane toujours au-dessus de nos têtes, depuis qu’un des enfants d’Adam et d’Ève a tué son frère. C’est depuis l’exemple de Caïn que les humains ont admis la guerre comme moyen de résolution de leurs conflits.

Elle est une donnée constante de l’esprit humain, parce qu’aller en guerre contre le pays voisin est ce qui se présente en premier lieu à l’esprit des hommes devant une perspective bouchée.

C’est peut-être cette situation qui explique ce dont on a si longtemps rêvé : la quête de la paix mondiale. Le moment où chacun essaie de découvrir l’impossible solution pour sortir de l’impasse, sans dégâts.

La guerre est un bon moyen de surmonter une situation de tension, un moment puissant pour soigner la maladie du désir de détruire autrui, de prendre la revanche sur lui.

C’est dire que la guerre est plus utile aux hommes quand ils l’évitent intelligemment. Le risque est grave, mais vaut souvent la peine d’être pris, quitte à le regretter par la suite. Car la guerre se fait d’abord dans la tête, avant de se faire sur les champs de bataille.

En plus d’être impossible, la paix durable entre les peuples serait donc une très mauvaise chose. Pour qu’il y ait plaisir dans ce monde, il faut des guerres par intermittence, des guerres tournantes. En tout cas : que le cycle guerrier se perpétue. Allons enfants de la patrie, allons joyeusement à la guerre, ou à la mort. Allons combattre la tyrannie dont l’étendard sanglant est levé. Une fois décidée, la guerre trouve ses motivations ou ses prétextes.

En créant l’ONU et en lui confiant la mission de travailler à l’instauration et au maintien de la paix ‘’entre les peuples’’, les hommes ont reconnu implicitement que l’ONU n’a pas prévu de les priver de guerre. Il faut laisser la nature humaine faire son travail.

Après tout, les guerres finissent par trouver une solution et ramener la paix. Lorsqu’une chose atteint son paroxysme, elle revient naturellement à son état précédent. La guerre engendre la paix, et la paix perturbée laisse la place à la guerre. Un échange de rôle normal.

Les périodes de paix sont cependant plus longues et les guerres son devenues si efficaces, qu’elles peuvent infliger tant de dégâts et ne durer qu’une semaine voire moins. Il n’est même plus besoin d’aligner les troupes. Tout se fait par les moyens des missiles, de l’informatique et des satellites.

La paix s’installe d’elle-même, par la quête innée de l’équilibre entre les peuples. Les hommes sont belliqueux par nature. C’est par la guerre que la paix se rétablit. Au quatorzième siècle, la guerre a duré 100 ans entre les Européens. La paix a été ramenée par Jeanne d’Arc, fervente chrétienne qui connaissait bien le bellicisme naturel des hommes et que même le pape a abandonnée à son sort.

Elle a été trahie par les gouvernants français trouillards. Mais elle a eu raison des occupants anglais. C’est grâce à ses victoires, que tous les français ont fini par croire en elle.

De nos jours, le monde est devenu si petit, à cause de la portée et de la puissance du feu quasi-illimitée de ses missiles, que les hommes hésitent quelque peu à se lancer dans l’aventure. On pense déjà à porter les conflits dans l’espace, le cosmos. On se contentera de donner une leçon à l’ennemi dans le ciel, pour épargner ce qui reste encore de viable sur Terre.

Pour  ne pas priver les hommes des joies de la guerre, par les conquêtes, il faudrait dès à présent trouver un ennemi à la mesure de l’homme moderne : il faut fourbir les armes au moyen desquelles ils iraient joyeusement à la conquête des terres cosmiques, celles de Mars ou d’une planète capable d’accueillir nos futurs braves combattants de l’espace.

On ne va pas rester les bras croisés. Surtout que les hommes ont toujours mille et un prétextes d’une nouvelle guerre en tête, même quand ils viennent juste de signer l’armistice de la guerre précédente. Il suffit que les politiques proclament que ‘’la patrie est en danger’’, que les intérêts nationaux sont menacés.  Ce sera encore mieux quand on proclamera que c’est la Terre qui est en danger.

Nos services secrets seront orientés vers l’espionnage des martiens afin de savoir ce qui se trament chez eux comme complot anti-terrien. On ne va pas se laisser faire. L’occasion se présente enfin à tous les hommes de se coaliser contre un ennemi commun, à se préparer pour ‘’la guerre des mondes’’.

Heureusement, on peut toujours trouver ou inventer des ennemis à qui on pourrait aller donner des leçons, en les punissant sans pitié, histoire de leur montrer qui est le plus fort.

On peut d’ores et déjà stocker quelques bombes nucléaires dans l’espace, pour être à même de relever le défi de quelque extraterrestre inconscient qui s’aventurerait à nous agresser. Tout cela à nos risques et périls. Les guerres du futur relèvent de la science-fiction.

On cherche l’ennemi hors de son pays, de ses coreligionnaires, et si on ne le trouve pas, on le cherche dans quelque  hérésie de l’un des nôtres qu’on doit ramener de force à la raison. Et la guerre devient civile, civilisée. Faute d’ennemi extérieur, on crée l’ennemi intérieur, pour ne pas chômer, pour donner du travail à l’armée.

L’homme est un être impatient, intolérant. La tentation du pouvoir lui fait passer ses propres coreligionnaires pour ennemis, et il n’hésite pas à les faire condamner à toutes sortes de peines ou à les excommunier purement et simplement. La guerre devient folle et insensée.

Cela fait longtemps qu’aucun prophète divin n’est venu. D’autres ‘’prophètes’’ essaient parfois de s’autoproclamer comme tels, pas pour prêcher l’amour, mais pour alimenter quelque mèche qui s’éteint avec la première pluie.

Quel serait alors le rôle des musulmans ?

‘’Guerre à Rome, paix à l’islam.’’ Je ne sais pas quel était le niveau de connaissance de l’islam par Nietzsche, mais cette phrase révèle chez lui l’homme qui peut comprendre tout ‘’en trois mots’’ comme il le disait. Il avait vu que l’islam pouvait être porteur de paix à l’humanité.

Il avait vu la France et l’Allemagne se faire la guerre en 1871. Il ne savait pas encore que deux guerres ‘’mondiales’’ allaient suivre, pour ruiner la démographie de l’Europe, et révéler l’inanité des guerres précédentes.

A notre époque, c’est l’obsession guerrière des Américains qui a fini par créer les guerres ‘’islamistes’’. Les musulmans pour leur part ne demandaient que la paix.

Omar BENAISSA

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Homère